Et oui, pas toujours facile de s’y retrouver dans la nébuleuse des professionnels de l’audio. Dans cet article, on vous aide à y voir plus clair.
Le mastering, c’est quoi ?
Beaucoup d’idées reçues et d’ésotérisme entourent le mastering.
Pour bien comprendre cette étape de la production musicale, on aime bien faire l’analogie avec le processus de travail d’un artisan.
Pour faire une chaise, un menuisier va chercher des idées, dessiner des croquis puis des plans. C’est la composition. Il va ensuite prendre les meilleurs matériaux pour l’assise, le dossier, etc. On peut apparenter cette étape à celle de la production, des arrangements. Puis il va assembler le tout et faire en sorte que ça tienne, que ce soit solide, qu’on puisse s’asseoir dessus sans appréhender de se casser la gueule. À n’en pas douter, c’est l’étape du mixage. Maintenant que la chaise tient et qu’elle est fonctionnelle, il reste à la vernir et à la vendre. Il faut, dans la majorité des cas, qu’elle corresponde à des standards. C’est ça, le mastering. Bien sûr, cette analogie à ses limites, mais c’est important de comprendre que le mastering, c’est le vernis final, surtout pas plus artistiquement parlant. C’est aussi la mise en “conformité” pour la distribution sur les supports souhaités. Historiquement, c’était d’ailleurs sa seule utilité ; on y reviendra dans un prochain article.
Vous l’aurez donc compris : si la production est bancale, si le mix est surchargé de traitements inutiles, aucun ingénieur de mastering ne rattrapera ça. Et c’est un premier point important dans votre choix de collaborateur, s'il vous dit le contraire, méfiez-vous !
Premier signal : est-ce qu'il s'intéresse à vous ?
Quand un artiste arrive chez Modisto, la première chose qu'on fait, c'est de discuter. Un producer qui vient avec un titre House ? On veut savoir ce qu'il écoute en ce moment, qui l'influence, comment il construit son univers. Parfois on part de Locklead et on arrive aux Guns‘N'Roses. Peu importe, ce qui compte c'est de comprendre ce que votre musique est supposée faire ressentir, avant de toucher à quoi que ce soit.
Un ingé qui vous demande de « déposer vos stems sur WeTransfer » sans aucune conversation en amont vous donnera peut-être un résultat techniquement correct. Mais il n’aura pas suffisamment d’infos pour vous donner celui qui vous parle, à vous.
Ce qui sabote un mix
L'overprocessing. C'est de loin l'erreur la plus courante.
Des kicks en layering excessif, trop de fondamentales qui se superposent, des compressions drastiques sur chaque piste, de l'EQ dans tous les sens. Au final, tout se combat et rien ne respire.
Les mix les plus faciles à masteriser sont souvent ceux où l’on fait le contraire : des mouvements de volume, une spatialisation pertinente et un placement soigné des instruments dès la production. Pas de magie, pas 45 plugins. Juste de bonnes décisions.
Le mastering devient alors limpide. Quelques traitements ciblés, une légère correction ici ou là, le bon volume et c'est fait.
L'erreur qu'on fait tous (nous compris)
Vouloir trop bien faire.
Oui c’est un peu niais comme phrase, mais c’est pourtant le cas. Il nous arrive de recevoir des mixs déjà excellents et d'avoir quand même le réflexe de chercher à améliorer, d'ajouter un traitement, de pousser un détail. Ego, perfectionnisme, appel du pied professionnel, allez savoir. La bonne attitude à adopter sera toujours celle où l’on se pose la question du contexte. C’est pourquoi, on y revient, il est nécessaire de comprendre la volonté de l’artiste à travers son projet.
Parfois (souvent?), ajouter du volume et une légère couleur, c'est déjà suffisant. Le meilleur mastering, c’est celui qui sert la musique sans se mettre en avant.
La question du tarif et pourquoi 40 € devrait vous alerter
Ce sont des montants qu’on voit souvent passer, sur les réseaux sociaux notamment. On ne dit pas qu'un mastering stéréo à 40€ ne sera bien réalisé. Les outils ont évolué et on peut obtenir des résultats très corrects pour pas cher.
Mais "correct" et "professionnel", on peut même dire compétitif, ce n'est pas la même chose. Ce n’est pas tant pour parler du prix qu’on soulève ce point, cependant, il est important de prendre en compte qu’il y a un certain coût à travailler avec quelqu'un qui valorise l'échange, qui choisit ses traitements en fonction du contexte et non par défaut, qui connaît le prix de son expérience et de ses oreilles.
C’est un peu notre hantise, ces pubs virales qui promettent un master pour le prix d'un kebab.
En dessous de ce coût, on paie généralement une prestation à la chaîne, dans une chaîne.
Les signaux qui vous font dire “ça va bien se passer”
Quand l'artiste nous dit "j’ai fini mon mix, je ne peux pas aller plus loin de mon côté, je te fais confiance pour la suite”, c’est le meilleur départ pour une collaboration. Ça ne veut pas dire qu'il n'a pas son mot à dire, bien sûr que si ! Mais il y a une différence entre confiance et contrôle.
Le pire, c'est quand on nous souffle dans la nuque pendant qu’on bosse.
Lâcher prise, c’est difficile, ça on le sait. Un artiste qui a écouté sa production 200 fois aura forcément une réticence à la voir évoluer. C'est normal. Notre rôle, c'est aussi d'expliquer nos choix et de justifier nos partis pris.
Le loudness, dernier point, pas premier
Tout le monde a un loudness meter aujourd'hui. Tout le monde a une opinion sur les LUFS de sortie. Pourquoi pas -14 ? Pourquoi pas -8 ?
Skrillex est à -4, mois je veux -1. La loudness war n’est pas terminée !
Un master se juge au ressenti, à la cohérence de son rendu, à la façon dont il sert le titre. Les LUFS, c'est une conclusion, pas un point de départ. Attention, cet indicateur a clairement son importance. Mais c'est le dernier élément qu'on regarde, jamais le premier. Tout simplement parce qu’il va dépendre de l’endroit où on emmène un titre. On peut jouer de la musique électronique et vouloir qu’elle soit douce, enveloppante. On va donc réaliser nos traitements dans ce sens, avec en tête une couleur et un ressenti musical.
En connaissant son système d’écoute et ses habitudes de travail, notamment liées au volume d’écoute, le loudness souhaité arrive naturellement dans le processus de mastering, sans même regarder le LUFS meter.
La question à se poser avant de choisir votre ingénieur mastering
Est-ce que votre mix est vraiment terminé ? Le mastering ne corrige pas, il finalise. Si vous avez des doutes sur votre mix, il faudra les régler en amont. Le stem mastering peut être une solution de correction, mais ce n'est pas sa vocation première. N’hésitez pas à passer un coût de fil au studio de mastering si vous avez des doutes, afin de savoir s’il est temps de passer à l’étape suivante ou non. Le choix de votre ingénieur mastering dépendra surement de ce coût fil : vous saurez vite si êtes au bon endroit ou non.
Ce qu'on fait chez Modisto
Bah ouais, faut bien qu’on se vende un peu.
On aime la musique. Avant tout, avant les plugins et les machines (même si on adore ça). On aime découvrir les univers des artistes qui nous contactent, comprendre ce qui les a amenés à créer, ce qu'ils veulent transmettre. Il n'y a rien de mieux que de voir quelqu'un repartir avec un master qui lui correspond vraiment.
Aucun des mots de cet article n’est à visée critique sur qui que ce soit, ou sur une méthode de travail en particulier. On vous donne notre point de vue sur la question, on défriche avec vous les idées reçues. On essaie de vous donner des billes avant de vous jeter dans le grand bain du mastering. Mais si vous le faites chez nous, sachez qu’on prendra le temps.
Tu prépares un projet à masteriser ? Contacte-nous ici.
N’hésitez pas à nous poser vos questions et à venir nous rendre visite dans notre studio à Paris.
À bientôt !
L’équipe Modisto.

